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Les robots sont nos amis… pour le moment

Dans une conférence qui a beaucoup fait jaser, il n’y a pas très longtemps, Elon Musk, promoteur de la voiture autonome, héraut de la colonisation de la planète Mars et icône technologique devant l’Éternel, a dit craindre pour la survie de l’humanité à moyen terme. Les robots vont nous exterminer, croit-il.  À en juger par ce qu’on a vu au CES début janvier, on pense plutôt que les robots sont nos amis. Pour le moment. À vous de juger!

EKSO BIONICS

L’exosquelette de la société Ekso Bionics a été vu en 2015, mais il a tout de même fait un retour remarqué au récent Consumer Electronics Show (CES) de Las Vegas, début janvier. Il faut dire que la technologie demeure émergente, même si elle est le fruit d’années de recherche et de développement, dont une grande partie a été réalisée au début de la décennie à l’université de Berkeley, en Californie.

Un exosquelette, c’est la promesse de créer des surhommes à l’aide de pistons, de joints pneumatiques et de servocontrôleurs électroniques dernier cri. En d’autres mots, c’est ajouter la force d’une structure d’acier et l’intelligence artificielle de microprocesseurs, à la capacité d’un humain normal, pour faciliter ses mouvements.

Pas pour rien si des groupes aussi divers que le fabricant d’armement Lockheed Martin, et quelque 25 centres hospitaliers en Amérique du Nord, en Europe et en Afrique du Sud, utilisent cette technologie… La version la plus légère permet de parcourir 65 kilomètres, en transportant 70 kilos de matériel (150 livres), sans en ressentir aucun effort. La version pour centres de réadaptation aide les gens souffrant d’une paralysie totale ou partielle des jambes à réapprendre à marcher.

EHANG 184

En même temps, à quoi bon un exosquelette quand on peut se promener à bord du drone EHang 184? Son fabricant, la société chinoise EHang, a créé un certain émoi en dévoilant son drone de 200 kilos au CES, elle aussi. L’appareil est entièrement automatisé, permettant à ses passagers de se déplacer dans les airs, à basse altitude, sans avoir à posséder de licence de pilote.

Le EHang 184 a des capacités limitées, mais tout de même : sa charge ne doit pas excéder 100 kilos, et son autonomie tout-électrique, à une vitesse de pointe avoisinant les 100 km/h, est de 23 minutes. Une superbe façon de contourner les bouchons de circulation. Une fois à destination, les hélices se replient et l’appareil n’occupe pas plus d’une place de stationnement régulière. Et ça marche! Son concepteur dit avoir effectué une centaine de trajets, dans les environs de Guangzhou, en Chine.

À bord, un seul siège, devant lequel se trouve la console, un grand écran tactile permettent de diriger l’appareil, sans le contrôler. La climatisation et le WiFi sont inclus, ce qui est déjà plus que la plupart des avions de ligne modernes. Son prix, aussi, est assez stratosphérique : entre 200 000 et 300 000 dollars.

Cela dit, on ne sait pas quel sera l’avenir de cet appareil. Les gouvernements imposent des règles de plus en plus strictes limitant l’utilisation de drones sur leur territoire… et il n’a pas encore été question de drones pouvant transporter des gens!

DE L'HUMANOÏDE JAPONAIS... AU MEILLEUR AMI DE L'HOMME

L’an dernier, Toshiba avait marqué un grand coup avec son robot humanoïde ChihiraAico. D’apparence humaine, aux traits manifestement japonais, ce robot est désormais en service, et accueille les visiteurs d’un centre commercial huppé de Tokyo, les aidant à trouver la boutique de leur choix.

Côté robotique, c’était plus modeste, cette année. Mais peut-être un peu plus inquiétant : FURo-D, le robot le plus « humain » du CES 2016, tenait un grand écran tactile dans ses mains, invitant à vous faire prendre en photo. Le robot adoptait ensuite votre visage, l’affichant à l’écran du moniteur lui servant de tête, et se promenait sur son kiosque comme si de rien n’était.

Sans doute FURo-D possède-t-il aussi, à la maison, un animal de compagnie comparable à Chip, le petit chien robotisé de la société montréalaise WowWee? Celui-là est entièrement autonome, et promet de divertir vos enfants comme le ferait un vrai chien, le poil partout et les marches dans le parc en moins.

Comme quoi ils ont peut-être l’air de rien, ces petits robots nettoyeurs de vitres, ces aspirateurs robotisés, et autres jouets électroniques sophistiqués, mais on commence à croire qu’Elon Musk n’a peut-être pas si tort que ça : on dirait que leur seul et unique but, à ces machines pensantes, c’est d’adopter toutes nos habitudes, toutes nos manies, pour éventuellement prendre notre place…

Auteur: Alain McKenna