Bien acheter son véhicule d’occasion
La voiture d’occasion. Une jungle dans laquelle se trouvent toute sorte de gens. Des vendeurs honnêtes, d’autres moins, comme les arnaqueurs qui rajeunissent la vie des véhicules en reculant les odomètres ou en camouflant des défauts qui ressortiront quelques mois plus tard. Alors, comment s’y retrouver? Et surtout : comment être certain que ce qu’on nous vend ne cache pas une histoire peu reluisante?
Évidemment, cette chronique n’a guère pour objectif de vous diriger vers un modèle plutôt qu’un autre. Le choix d’un véhicule vous appartient, même si certains produits sont plus recommandables. Cela dit, il existe en effet quelques trucs pour retracer l’historique d’un véhicule et vous assurer qu’il n’est pas passé entre les mains de personnes malveillantes ou, disons, opportunistes.
Vérifier l’historique du véhicule vous éclaire
Comprenez que je ne condamne absolument pas le commerçant qui souhaite tirer profit de la vente d’un véhicule. C’est un processus tout à fait normal, dans la mesure où l’on ne tombe pas dans l’abus et où le vendeur agit en toute transparence. Toutefois, il est fréquent que lorsqu’un véhicule change de mains plusieurs fois en peu de temps, il y a anguille sous roche. Ceci complexifie la traçabilité d’un odomètre trafiqué, d’une réparation mal effectuée ou d’un camouflage temporaire.
Voilà pourquoi, d’entrée de jeu, et qu’il s’agisse ou non d’un véhicule vendu par un commerçant, il est fortement conseillé de vous rendre sur le site de la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) pour obtenir l’historique de propriété d’un véhicule. Vous saurez ainsi si, par exemple, il s’agit d’un ancien véhicule de location court terme, s’il a déjà été gravement accidenté ou s’il servait auparavant de taxi.
Ensuite, procurez-vous le rapport CARFAX, qu’un commerçant devrait être en mesure de vous fournir. Il ne s’agit pas d’un document infaillible, puisque certaines informations y sont parfois manquantes. Or, ce dernier peut vous donner le nombre de propriétaires antérieurs, le suivi des entretiens, les réclamations d’assurance et le montant de ces dernières, et même un suivi du kilométrage. Vous saurez aussi si certains rappels ont été effectués et surtout, si le véhicule a été vendu ou s’il provient d’une autre province. Ce dernier point est un élément d’importance, puisqu’il est prouvé qu’un véhicule provenant de l’Ontario, par exemple, et qui aurait transigé par l’encan, est plus souvent sujet au « rajeunissement » de son odomètre.
Vous pouvez aussi contacter le service à la clientèle du constructeur automobile afin d’obtenir, au moyen du numéro de série du véhicule, la date de mise en service de même que le nom du concessionnaire qui l’a vendu à l’état neuf. On pourrait également vous informer sur les rappels effectués ou sur le retrait de la garantie à la suite d’un accident. Vous pourrez alors contacter le concessionnaire ayant vendu le véhicule pour tenter d’obtenir, avec son approbation, l’historique d’entretien, effectué en concession ou pas. Il vous serait ainsi possible de suivre plus étroitement l’évolution du kilométrage et, par le fait même, de savoir si le véhicule a été entretenu dans les règles de l’art.
Acheter d’un commerçant vous protège
Un commerçant doit se soumettre à diverses règles entourant la vente d’un véhicule. Il peut, par exemple, vous offrir une garantie selon l’âge et le kilométrage, ou même, une garantie de bon fonctionnement pour une durée jugée raisonnable. Ceci vous protège davantage que si vous achetez d’un particulier, vis-à-vis de qui vous n’aurez pas autant de recours en cas de problème. Il est vrai qu’acheter un véhicule d’un particulier vous fait sauver une partie de la taxe de vente et vous permet aussi d’obtenir l’historique complet du véhicule qu’un commerçant ne possède que rarement. Toutefois, le particulier pourrait avoir un lien financier avec le véhicule et, sans vous en faire part, vous transférer ainsi la responsabilité d’une dette qui n’est pas la vôtre. Les cas où des acheteurs ont dû payer leur véhicule en double sont malheureusement trop nombreux. C’est pourquoi il est recommandé de faire une vérification auprès du Registre des droits personnels et réels mobiliers (RDPRM), ce qui vous indiquera si le véhicule s’accompagne d’un quelconque lien financier.
L’obtention de l’historique de propriété de la SAAQ, du rapport CARFAX et d’une vérification auprès du RDPRM vous coûtera moins de 100 $, ce qui vaut la peine. Mais il est aussi recommandé de faire vérifier le véhicule par un mécanicien de confiance, une étape qui agace souvent le commerçant ou le vendeur, mais qui vous permet d’avoir l’heure juste sur la condition mécanique et les possibles vices cachés d’un véhicule. Vous aurez bien sûr à débourser le coût de l’inspection et à investir du temps pour la faire effectuer, mais cela vous permettrait d’avoir l’esprit tranquille et de négocier avec le vendeur, si vous apprenez que des réparations urgentes sont nécessaires. Et si le véhicule est en trop mauvais état, vous n’aurez qu’à laisser tomber. Bien sûr, il est décevant d’investir temps et argent pour une transaction qui n’est pas concluante, mais il vaut mieux être prudent que d’être mis devant le fait accompli et de composer avec des coûts de réparation faramineux.
N’oubliez pas que l’entretien d’un véhicule coûte de plus en plus cher et que les automobilistes le négligent de plus en plus, notamment lorsqu’il est question d’un véhicule de location qu’on remet au marchand au bout de 36, 48 ou même 60 mois. Les consommateurs ne font souvent que le minimum requis, ce qui signifie que vous pourriez vous retrouver avec un lot de problèmes plus rapidement qu’anticipé. Un commerçant serait bien sûr en mesure de vous remettre un rapport d’inspection à garder précieusement, mais il faut admettre que certains embellissent parfois la vérité ou tournent les coins ronds lorsqu’il est question de revendre un véhicule en retour de location, acheté à l’encan ou acquis d’un tiers.
Ne prenez donc pas de risque et faites les vérifications nécessaires. C’est la meilleure façon de faire une bonne affaire.
Cet article a été rédigé par un collaborateur externe. Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de Promutuel Assurance.